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19/03/2015

Manger indonésien - suite

 

Sumatra et la côte ouest autour de Padang en particulier ont probablement la cuisine la plus relevée de toute l'Indonésie. Il faut dire que ces îles volcaniques de l’archipel sont un paradis aux épices.

Partout des girofliers et des muscadiers poussent comme de la mauvaise herbe. Piments de diverses sortes, ail, sauce soja, noix de coco, cacahuètes moulues, gingembre et une douzaine d'autres précieuses épices agrémentent la cuisine. On est venu les chercher depuis l’Europe lors des Grandes Explorations. Epicé se dit « peda » ; les tables comportent presque toutes une bouteille de « sambal », pâte de piments parfumée à la crevette et mélangée à du jus de citron vert. Une cuiller à thé suffit à transformer les morceaux en braises. Le « nasi padang » est un riz spécialement épicé, et le « deng deng » un plat de viande imbibé de piment. Nombre de Français font la grimace et se ruent sur le riz blanc : una cocina latina !

 

  Les restaurants des plages proposent du thon fraîchement pêché, du barracuda, des steaks de requin, et un genre de sébaste appelé « snapper ». Je les préfère grillés, ce qui est bien meilleur que le graillonnement trop long dans une huile peu souvent remplacée. Crevettes géantes et homards sont les plus chers, d’autant que le prix est donné aux cent grammes, pas au kilo. Le poisson frais est la spécialité des Célèbes (Sulawesi) mais aussi les grillades flambées de buffle. La viande est posée sur des tuyaux de bambou et arrosée de tuak, cet alcool de palme au goût intermédiaire entre le rhum et le cidre, avant d’y mettre le feu.

Encore plus exotique est le tikus, un vulgaire rat des champs bien gras d’avoir boulotté le riz sur pied, voire le paniki, une chauve-souris végétarienne, qui ne mange nulle souris mais des fruits. A notre grand regret, nous n’avons pas goûté de ces mets raffinés : cucina barbara, mamma mia !

 

 

 

 

 

Les desserts se composent de fruits frais mangues, petites bananes roses ou dorées, fruits de la passion, mandarines, rambutan chevelu, anone, salak ou fruit serpent recouvert de dures écailles brunes, dourian vert qui dégage une odeur cadavérique mais dont le parfum de rose acide ravit le palais. Une préparation au fruit, le « gudeg », est la spécialité de Djodjakarta ; elle est composée du fruit du jaquier cuit dans du lait de coco. Les autres « crèmes » et « pâtisseries » sont du hollandais revu local et ne méritent nul éloge, sauf si vous avez très faim et que votre goût a été dénaturé au MacDo. Le pouding de riz noir est étrange à voir mais remplace avantageusement le porridge ou le gâteau de riz grand-mère. Il s’agit de riz noir cuit à l’eau et servi avec du lait de coco et du sucre de palme.

 

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19/10/2014

L’indonésienne profusion végétale

 Vegetation is rich in the Indonesian archipelago. Volcanic earth, sun warm and monsoon rains are feeding fruits, flowers and trees in Paradise abundance. Vegetation life gives your mind a sort of optimism, a paramount sentiment. You are eager to admire the strength of trees, the graciousness of bamboo, to smell flowers and be pleased by their fragility and colours, to devour fruits and to soak up their juice.

indonesie.png Des fruits, des fleurs, des arbres vigoureux, la végétation pousse et s’épanouit à Bali comme à Java, aux Célèbes et dans les îles. La terre volcanique est riche en minéraux, la pluie abondante et l’humidité marine autour de l’archipel alimentent les plantes. Plus de 42 000 espèces végétales y naissent, dont 20 000 orchidées différentes qui occupent toute une commission d’Anglais de la British Horticultural Society, fondant d’émotion devant une fleur plus que devant un être humain (pas de gêne sociale pour les fleurs).

   Les forêts sont plus ou moins étendues selon les îles, plus ou moins touchées par le grand incendie de 1997 aussi. Java très peuplée, et depuis longtemps, ne compte que 10% de sa surface en forêts, tandis que Sumatra en compte 40% et Kalimantan près de 60%.

 Ces forêts ont des formes diverses, pluviale, de conifères, de mousson, jusqu’aux exploitations de tek à l'est de Java. Sur les côtes des Célèbes (Sulawesi) et de Sumatra, la mangrove agrandit les terres émergées. Sur les îles proches de l'Australie règne la savane. En Nouvelle-Guinée, une zone alpine depuis 3 000 m jusqu’à la limite des neiges éternelles ressemble à celle d'Europe.

 Les arbres les plus souvent rencontrés sont le palissandre, le camphrier, le marronnier, le tek, le banyan, la casuarina, l'ashoka, le frangipanier, le caroubier, le tulipier, toutes sortes de bambous et de bananiers et les fougères arborescentes. Ce qui, en nos contrées, se trouve en pots d’appartement chez les fleuristes pousse ici à l’état naturel pour une race de géants

 Les montagnes javanaises sont couvertes de pins, de lauriers, de myrte odorant et d’une espèce locale d'edelweiss qui laisse pantois les Suisses. Les fleurs des vallées sont surtout des cytises, jasmin, rhododendron, hortensia, eucalyptus, bougainvillée, hibiscus et bien d'autres.

 C’est en Indonésie, à Sumatra, que l’on rencontre la plus grande fleur du monde, Rafflesia arnoldii, d’un mètre de diamètre et d’un poids de 7 kg ! Sans feuilles ni racines, elle parasite la liane Cissus et pousse sur elle. Le promeneur peut trouver aussi d'innombrables plantes carnivores, mais il faut marcher pour cela, ne pas se contenter des bus.

foret.png Les plantes cultivées sont nombreuses, riz, caoutchouc, girofle, cannelle, poivre, muscade, café, cacao, gingembre, vanille, soja, igname, tabac, manioc, maïs, piment, cajou, arachide, canne à sucre. Tout comme les fruits innombrables, appétissants et

 Cette vivacité végétale, cette vigueur tranquille, vous rend optimiste par contagion. Est-ce le secret de l’immortalité ? S’il est un lieu au Paradis terrestre, il se situe en Asie et, très probablement dans cette Indonésie florissante et viride, comme Rimbaud (qui séjourna à Java) le disait des tiges du pois. Abreuvée et bien nourrie, chauffée comme il se doit, la nature végétale prend ici tout son essor !

 

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