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01/06/2017

Le recyclage : Payez selon ce que vous jetez !

Aujourd'hui, trouver des solutions à la gestion des déchets des ménages en France fait l'objet de nombreux brainstorming, d'études sur le terrain, en laboratoire,  réunissant tout une flopée de "spécialistes" qui s'entendent tous à dire qu'il est nécessaire de trouver des solutions, blablabla et blablabla...

Mais tous ces blablabla ne servent qu'à cacher l'arbre au milieu de la forêt. Car recycler coûte cher - construction de centres de recyclage, coût des campagnes publicitaires - , pollue - fumées et toxiques dégagés dans l'atmosphère - et finalement ne règle pas une partie du problème. Le sur-emballage, en voilà un vrai problème... Même si une récente étude pilotée par l'ADEME, Adelphe et Eco-Emballages démontre qu'après une hausse significative du gisement des emballages ménagers entre 1994 et 1997 (+ 250.000 tonnes), le mouvement s'est infléchi à partir de 1997. La substitution de matériaux a également joué, avec une hausse importante des emballages en plastique qui est le seul matériau dont le tonnage a continué à progresser. (C'est aussi le plus polluant...)

Il serait peut-être plus judicieux que nos chers politiciens endimanchés qui s'en vont courir le salon de l'agriculture à coups de campagnes politico-médiatiques, fassent appliquer la directive 94/62/CE (voir ci-dessous), en taxant les responsables de la mise sur le marché de produits sur-emballés, ce qui réduiraient les coûts - à faire payer au contribuable -, de ces "études".

Néanmoins, il est indispensable que nous prenions tous en compte la nécessité d'agir en "pollueurs éco-responsables", tous les déchets n'étant pas imputables au sur-emballage.

 

"La directive 94/62/CE du 20 décembre 1994 relative aux emballages et aux déchets d’emballages a pour objectif principal d’assurer, entre autres :

Un niveau élevé de prévention et de valorisation des déchets d’emballage. Cette directive définit les exigences essentielles auxquelles tout emballage doit satisfaire pour être mis sur le marché, notamment : réduction à la source au minimum nécessaire du poids et du volume de l’emballage…

Source : Ademe"

 

01/05/2017

voyage : un avant goût d'Ethiopie...

Et si nous prenions la route depuis Addis Abeba, en direction du Sud et de la vallée de l'Omo ?

Dépêchons-nous de quitter les embouteillages d'Addis Abeba et son overdose de C02.
Il est tôt, la chaleur est encore supportable, et les nombreux piétons le long des routes sont comme un ruban de couleur qui se déroule au fur et à mesure de notre progression.

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La route devient rapidement chaotique, malgré l'asphalte qui la recouvre, et de gros nids de poule nous rappellent que nous sommes en l'Afrique. Il faut sans cesse anticiper afin d'éviter piétons, troupeaux en tous genres et charrettes, qui prolifèrent sur la route. Pour cela, et ici, la seule et unique tactique consiste à utiliser le klaxon, provoquant souvent un sursaut chez le piéton, fatigué par la chaleur et le trajet déjà parcouru. La voiture ne s'écarte jamais, c'est au piéton de faire un écart, quitte à sauter dans le fossé s'il n'a pas d'autre échappatoire...

Très vite, la route devient franchement dangereuse.
Pour rattraper le temps perdu, les chauffeurs des “Al Qaida”, les petits camions Isuzu foncent à tombeau ouvert vers le Kenya, et provoquent souvent des accidents mortels. Nous en croiserons des centaines, camions de transport de marchandises en tous genres, minibus à ciel ouvert ou fermés, à la galerie parfois si chargée que les bagages entassés semblent toucher le ciel et aux passagers écrasés jusqu'au pare brise à l'intérieur...

Quant aux passagers éthiopiens, souvent ouvriers embauchés par des sociétés chinoises construisants ou rénovants les routes, ils sont parfois transportés dans des conditions que la SPA ne tolérerait pas pour des animaux chez nous... A chaque passage de ces camions, surtout lorsque nous serons dans la brousse et que je les entendrai au petit matin, je vibrerai au son des voix des hommes à bord, qui chantent pour se donner du courage.

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Le conducteur broute toute la journée pour se tenir éveillé, et nous regarde le dépasser, la joue bourrée de khat (euphorisant cultivé sur les hauts-plateaux d'Abyssinie, très prisé dans la Corne de l'Afrique et la péninsule arabique), avec des yeux brillants.

Nous aussi, nous avons les yeux brillants, de chaleur, de joie, d'excitation, de questionnements, de découvertes...
L'Afrique vibre en nous...

 

 

01/03/2017

Peintre et peintures modernes de Bali

Antonio Blanco vient de Catalogne, près de Barcelona, où il est né le 15 septembre 1911 à Manila. Il a étudié l’art à New-York et a beaucoup voyagé à travers le monde. Il faut rappeler que l’Espagne de son temps, enferrée dans une guerre civile sanglante, ne lui offrait guère de havre. Exil de la Mère, de la terre maternelle. Il s’est installé à Bali en 1952 et, quelque temps plus tard, le roi d’Ubud lui a donné deux hectares surplombant ce confluent des rivières qui forment la Campuan. Marié à une danseuse de Bali nommée Ni Ronji, Don Antonio a engendré quatre enfants, trois filles, Tjempaka, Orchid et Maha Devi et un seul fils, Mario, né le 4 juillet 1962.

 Son atelier, au rez-de-chaussée, est resté tel qu’il l’a laissé en 1952 et son fils Mario, peintre lui aussi, l’entretient tout en cherchant le succès pour ses propres œuvres, dont la première effectuée lorsqu’il avait 5 ans. Mais pour son père, cette fois.

Peintures modernes de Bali

 

A Ubud la touristique, sur Bali, existe un musée de peintures contemporaines. Le Neka montre « fine art inspired by Bali » selon sa devise. Les bâtiments, dans un jardin luxuriant, éclairent de toutes leurs baies des tableaux d’inégale valeur mais, somme toute, fort plaisants. Il s’agit d’une collection personnelle d’artiste, M. Sujeta Keka, toujours mieux inspirée et plus homogène que les choix de n’importe quelle instance administrative. Il a ouvert ce musée le 7 juillet 1982 sous l’égide du ministère indonésien de l’Education et de la Culture. Les œuvres sont organisées par ordre chronologique et le visiteur commence par « le style poupée », (wayang paintings) qui narre des épisodes du Ramayana, du Mahabharata et des légendes populaires balinaises. Certaines œuvres datent du 17ème siècle. Les silhouettes sont découpées de profil sur des feuilles sèches de palmier. Chaque détail du costume, chaque expression du visage, chaque attitude corporelle, indique un rang spécifique et un caractère de personnage. Tout est symbole.

Début 19ème, sous l’influence occidentale, l’art peint change. Mais ce n’est que dans les années 1920 que l’art original de Bali s’affirme à Ubud. Les peintres Walter Spies, Allemand, et Rudolf Bonnet, Hollandais, viennent habiter la région et introduisent les formes, l’anatomie et les lumières de l’esthétique occidentale. Des artistes balinais tels Anak Agung Gede Sobrat et Dewa Putu Bedil adaptent ces nouveautés aux scènes de la vie locale, aux danses et aux cérémonies. Un style particulier, moins occidentalisé, se développe à Batuan avec Ida Bagus Togog et Ida Bagus Wija, reprennent le géométrisme toradja avec leurs figures stylisées, leurs perspectives tordues et les plans multiples.

Un pavillon est consacré à l’artiste indonésien né hollandais Arie Smit. Il est considéré comme « un maître de la couleur et de la composition » et peint les rythmes immanents de Bali dans les travaux des gens. Des paysages à couper le souffle, des jeunes gens qui se délassent, des temples tranquilles jalonnent sa peinture et donnent le sens du merveilleux. Arie Smit aimait bien les très jeunes gens et il en a peint plusieurs en sarong traditionnel. Il a souligné l’élancement du torse, les muscles alanguis par le repos mais fermement dessinés. Dans les années 1960, dans le village de Penestanan, il a donné à des artistes indonésiens de moins de 20 ans des matériaux et les a encouragés à se mettre à la peinture. I Nyoman Tjak et I Ketut Soki ont produit des scènes naïves de cérémonies, de récolte du riz et de la vie de tous les jours.

 

 

04/01/2017

Le Dali de Bali

Une fois franchi un pont branlant qui double la rue rebâtie, elle, sur un pont en dur, vous trouvez la « maisonnette » du peintre Don Antonio Blanco. Elle est sise sur Campuan Hill. Le peintre s’est fait appeler bien vite « le Dali de Bali » pour se faire remarquer. Et sa maisonnette est en fait un petit château. Il est tout à fait fantasque, en ligne avec la réputation que voulait répandre le Maître dans la lignée de son maître Dali, Salvador de son prénom (le Sauveur), fameux peintre catalan.

El palacio est entouré d’un jardin exotique où poussent à profusion les arbres et les fleurs et où chantent quantité d’oiseaux. Un banian de 50 ans borde une pagode hindouiste à 12 toits, le grade le plus élevé des pagodes dans la vénérable Religion. L’entrée est ornée d’un gigantesque dragon et l’intérieur est bâti tout en rond autour d’un puits central. Architecture maternelle, fœtale, que le « Dali » se doit de contrer en public par de longues moustaches et oun Machismo appliqué, revendiqué, trompeté. El Dali dé Bali es oun Hombre, mais ne peint que réfugié au plus profond du placenta, dans l’atelier fermé du rez-de-chaussée, en plein ventre de la Madre. 

Ce ventre intérieur se visite, il est vaste, Don Antonio a le sens de la famille. Les murs sont plaqués de marbres lisses (si semblables à une paroi d’estomac…) et peints de diverses couleurs, la terrasse au sommet est surmontée d’un toit de bambou et les balcons ornés de statues - de femmes bien sûr ! - des danseuses plus grandes que nature tant la Madre se doit d’être glorifiée sur piédestal et toute d’or vêtue. Les œuvres peintes du petit garçon, le vilain « Dali » à sa maman, ornent l’immensité intérieure en hommage d’écolier, un peu perdues dans le décor. Antonio Blanco aimait beaucoup les femmes. Il a célébré un peu partout La Femme, su Madre, dans un style Renoir d’époque, en plus lyrique, tout comme les petits idéalisent le ventre qui les a fait. Chantent les formes et chatoient les couleurs !

 

 

18/11/2016

Boissons, thé, bierre en Indonésie

 

the panas.JPGChaque après-midi, avant le coucher du soleil, le thé devient un rituel. L’usage en vient de Chine et les Anglais l’ont adopté, tout comme les marchands arabes. Thé vert, thé au jasmin, thé au gingembre, thé au chrysanthème, le breuvage est servi avec de petits gâteaux « jajan pasar », des fruits confits, des coulis ou des salades de fruits exotiques. Le « teh panas » est le thé chaud, « manis » veut dire sucré, « pahit » ou « tawar », sans sucre. Le « dingin » est le thé glacé.

 Les marques de bière les plus connues sont Anker et Bintang, brassées localement. On peut trouver de la Heineken (hollandaise), San Miguel (sous licence philippine) et de la Guinness pour les nostalgiques de la brumeuse Eirin. La bière de riz, appelé « brem », est soit de fabrication maison (pas terrible), soit commercialisé sous la marque Bali Brem. Le palais et surtout les intestins doivent s'y habituer... Les vins n'ont rien à voir avec les nôtres, sauf à y mettre le prix. Le rosé est un peu sucré mais se pique rapidement. Le blanc est plus sec, meilleur au goût mais plus difficile à trouver. L'eau n'est pas potable pour nos petits estomacs fragiles, elle doit être bouillie avant consommation. Inutile de demander, les Indonésiens la font tout juste réchauffer. A moins d’exiger « medidih duapuluh menit » dans le texte, (ce qui veut dire à peu près « de l'eau bouillie pendant 20 mn », il vaut mieux sacrifier à l’usage de l'eau minérale, qui se trouve très facilement et partout dans le pays. La plupart est d’ailleurs de marque « Danone », la multinationale « stratégique » qui doit rester dans des mains françaises, ce qui serait « vital » pour notre patriotisme, dit-on. Les touristes ne doivent pas ajouter de glaçons : ils sont faits d’eau du robinet.

 

lassi.JPGEviter aussi le lassi, une boisson d'origine indienne à base de yaourt liquide. C’est très bon mais très dangereux, les laitages ayant tendance à attirer toutes ces bêtes microscopiques qui nous en veulent. Le café (kopi) est, comme souvent dans les pays producteurs, pas bon. Soit il est lyophilisé et se sert en poudre, soit il est moulu et infuse directement dans la tasse. Comme l’eau n’est jamais assez chaude, les particules flottent en surface. Il faut acheter sa propre cafetière pour faire du « vrai » café selon les rites ; Charlie y est passé maître. Les jus de fruits frais font fureur, surtout à Djodjakarta et à Bali. Passés au mixeur, ils gardent toute leur saveur et leur fraîcheur garanti leur innocuité… à condition d’exiger « sans glaçons » ! En revanche les boissons colorées des marchés, dont les Indonésiens sont friands pour leur taux de sucre et leurs couleurs fluorescentes, ont un « goût anglais » peu aimable à nos palais : comme les bonbons acidulés, elles sont purement chimiques, ne contenant aucune trace d’un quelconque « fruit ».

 

09/09/2016

Manger indonésien : le rite social

Tout repas est aussi un rite social. En Indonésie, manger s’effectue selon son rang.

La façon moderne du midi est comme partout ailleurs, et surtout en Asie, les petites échoppes ambulantes. Ces « kakis limas » qui signifient « cinq jambes » (2 du bonhomme, 3 de l’engin) servent soupes et riz maintenus au chaud sur des braises.

La cuisine padang est populaire, un peu plus stable puisque vous êtes assis, sorte de fast-food indonésien où l'on vous présente une quantité de petits plats épicés sans que vous ne demandiez rien, mais vous ne payez que ce que vous avez consommé.

La façon traditionnelle de manger des Javanais et Balinais est « waroeng ». Ce terme désigne des huttes coutumières au village, lieu de rencontre des habitants pour manger et discuter. La tradition remonte à plusieurs siècles, au royaume hindou des Majapahit qui gouvernait Java. Elle a été introduite à Bali en 1525 lors de leur exil.

De nos jours, on mange « à la waroeng » dans les restaurants, devant de grandes tables flanquées de bancs. Les gens s’y retrouvent pour discuter devant un copieux repas et cela dure un certain temps. La façon coloniale un peu chic célèbre 12 plats, portés par 12 serveurs différents, selon le rite du Grand Rijstaffel. C’est ainsi que les Hollandais ont interprété la cuisine balinaise, « rijsttafel » signifiant en leur langue "table de riz".

Il s'agit de légumes, de viande, de poisson, d'oeufs, de volaille faisant la ronde autour d'une montagne de riz, agrémentée de beignets de crevettes frites en guise de pain croquant, de bananes, de piment, de cacahuètes et de concombre mariné. Il y a encore la façon religieuse, le Wantilan, nom du lieu où l’on se rassemble après les cérémonies. Les gens y partagent un repas assis à même le sol, comme nous l’avons vu avant le jeu des buffles aux Célèbes.

Sur la table le riz jaune à base de curcuma est présenté sous forme de cône dont la hauteur donne l’importance de la caste de l’hôte.

 

23/07/2016

Peintures modernes de Bali 2

 

If you to go Bali and visit the tourist city of Ubud, do not forget to go to the Modern Paintings Museum. Opened in July 1982, it shows Balinese works since the 20’s where western painters came and learned to the young boys to execute. It is coloured, well drawn in the soft and graceful local manner. Landscape of Bali, boys and girls offering their modelling anatomy are very pleasant to see. The museum is in very light houses opened on a luxurious garden, which is enjoyable under the sun.

BABA.jpgUne autre fille, peinte par Alimin en 1979 est dite « qui se repose ». Poitrine nue elle aussi, en sarong rose, elle est couchée sur le flanc gauche et offre sa chair sensuelle aux regards. Le doigt frôlant ses lèvres appelle le baiser tandis que la fleur, gisant sur la natte devant elle, appelle la cueillette. Dullah, en 1977, a peint « miss Sasih ». Ce portrait de profil est d’une femme dont le nom se traduit par « lune », image de la parfaite beauté dans la culture indienne. Des fleurs de frangipanier plantées au sommet de sa longue chevelure décorent ses tresses qui tombent, lourdes, sombres, luisantes, et suggèrent leur parfum.

 

Enfin ce célébrissime double portrait d’un jeune homme et d’une jeune fille en costume des îles, reproduit un peu partout pour le tourisme. Nous voyons ici l’original, la peinture à l’huile 1975 d’Abdul Aziz, mort en 2002. Le garçon, sur un panneau d’une porte double, penche son corps jeune et parfait pour regarder la fille, nonchalamment adossée à la cloison, sur l’autre panneau de la porte, en attente, le corps aussi parfait, offert et l’œil rêveur. Ce tableau est planté au mur comme s’il était statique et c’est dommage ; sur deux panneaux de porte pour lesquels cette œuvre est prévue, toute ouverture créerait aussitôt le mouvement, mettant en valeur la grâce physique du désir dont ils sont traversés.

 

Des explorations cubistes ou expressionnistes ont été tentées par I Nyoman Tusan et I Made Sumadisaya. Le 5ème pavillon rassemble une série de styles divers inspirés de l’Occident. Roger San Miguel, en 1996, a peint « un songe d’une nuit d’été à Bali », sorte de paradis mythique où des jeunes femmes à peu près nues s’ébattent et s’amusent gaiement dans une nature luxuriante. Le jeune berger Rajapala joue de la flûte, dans un coin du tableau. Il est trop jeune pour être encore attiré par les nymphes, il n’est pas une menace. Nous sommes encore aux temps de l’innocence. Quoique, si l’on en juge par ce que certaines profs disent de « l’élève Roberto », 11 ans, on peut se poser la question. Le message induit par cette peinture qui ignore les turpitudes collégiennes de nos contrées est que, dès que surgira la puberté, adieu paradis ! La prédation, la violence, le pouvoir, asserviront les femmes comme la nature, pour le malheur des humains. Comme si les femmes n’avaient pas elles-mêmes de désir.